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C’est un cadeau, à voir et à ressentir : apporter un peu de réconfort à l’âme de la personne.

Je suis à la Fripe.com depuis le départ comme bénévole d’abord et puis 8 ans comme membre du conseil d’administration, dont 6 comme vice-président. J’ai laissé la vice-présidence au mois de juin 2012. Là je suis redevenu simple bénévole et administrateur, membre du conseil. J’aide à choisir, à prendre des décisions, à déterminer les actions qu’on doit faire, voir un petit peu plus loin, vers quoi on s’oriente.

J’avais commencé à me documenter sur le bénévolat, j’avais repéré certains organismes entres autres à Sillery. Et une invitation d’aller visiter la Maison des entreprises de cœur est arrivée ; c’est tout près de chez nous en plus. L’histoire a commencé là.
L’intéressant dans cette démarche-là, c’est qu’on est arrivé alors qu’il n’y avait rien dans la pièce, juste le plancher et les murs. On fait quoi ? On voulait opérer une friperie communautaire et on l’a bâtie. C’est le plus beau moment que j’ai vécu à la Friperie, le démarrage. Ça a été mes premières actions de bénévolat en tant que tel. Et depuis la friperie m’accapare du bon temps ! On est encore là et on veut continuer.

Il faut dire que Lise — la coordonnatrice de la friperie — on a toute suite saisi que ça serait agréable de travailler en équipe avec elle. Alors mon épouse a commencé en même temps que moi et elle continue. Elle travaille plus à la maison parce que la friperie va chercher des draps d’un hôtel du centre-ville de Québec, et on les transforme en taies d’oreiller. Un drap de lit King dont une partie est déchiré, on le réduit pour faire un drap double, ou simple, ou on fait des oreillers. Mon épouse avec ses trois amies sont rendues à 700 oreillers de faits.

On reçoit différents équipements, des grilles pains, des équipements électroniques de toute nature. On fait la vérification et si il y a des petits problèmes qu’on peut réparer on le fait, sinon ça s’en va au recyclage. Il rentre beaucoup de jouets avec batteries et souvent, on met une batterie neuve et ça marche. Il y a une étiquette qui est ajoutée pour le prix et c’est mis sur la tablette toute suite.

Je fais aussi du transport lorsqu’une personne appelle, parce qu’elle quitte son logement et a des choses à donner. On trouve des trésors dans ces démarches-là. Étant donné que j’ai un véhicule avec une certaine capacité, une fourgonnette, j’ai transporté des lits d’enfants, des matelas, des meubles.
On va aller à la ressourcerie du Lac St-Charles, acheter des lits d’enfants, des matelas, des poussettes, tout ce qui est utile à une famille, parce que le CLSC a eu des demandes de la part de couples ou de familles pour en avoir. A la friperie, dès qu’il rentre une poussette, elle sort toute suite. On peut l’acheter pour 100$, étant donné qu’on a la subvention, on va la vendre 40-50$, pour que ça soit accessible pour ces familles-là. C’est des familles qui sont souvent dans le besoin, ou dans des situations de pauvreté. À la friperie, on a souvent des appels :« Avez-vous des lits, des matelas d’enfants, des poussettes ? »

On n’est pas passifs, c’est pour ça que c’est le fun. Ça bouge tout le temps. Il y a toujours un événement qui fait qu’on est sollicité. On est autour de 30-35 bénévoles. On fonctionne à peu près aux heures des magasins, pour le mieux-être de notre clientèle qui sont la majorité des personnes qui travaillent, qui sont en situation de pauvreté : notre secteur de Sainte-Foy, autour de l’université et des cégeps, a été identifié comme un quartier avec beaucoup de pauvreté, alors nous on est au centre.
Tout le monde peut aller à la friperie, on ne peut pas réserver ça à seulement aux gens qui sont en situation de pauvreté. Alors c’est ouvert à tout le monde, la seule exigence, c’est d’être membre. C’est symbolique : 2$ par année. On fournit une carte, puis à chaque année, elle doit être renouvelée.

Dans le cas de la Fripe, c’est presque que continuel, la reconnaissance. On provoque des occasions où on va souligner l’apport des bénévoles pour la friperie : des déjeuners pour la semaine de l’action bénévole, des soupers avec animation à Noël, … Il y a toujours un petit document pour souligner l’apport de la personne. En 2005, on m’a dit que j’avais fait 535 heures de bénévolat ! Chaque bénévole est un point important, on n’est pas anonyme, on est là comme une personne qui apporte quelque chose de précieux à la friperie.

Dans les 2-3 premières années, on était 5 jours sur 7 présents à la friperie, c’est tellement agréable que c’est devenu une famille. Ceux qui était là au départ on de la misère à laisser, le noyau est fort fort. Il y a des activités qui sont faites en dehors de la friperie, au travers ça. C’est une richesse incroyable. Je me demande souvent comment on pourrait faire pour dire aux gens quel plaisir on a à donner en faisant du bénévolat. Les gens ont de la misère à comprendre ça, on dirait qu’ils ne croient pas, qu’à travers le bénévolat, on va chercher beaucoup pour soi.
Notre salaire c’est de voir que les gens qui viennent acheter des choses à la friperie, les gens retrouvent une certaine dignité. Parce qu’on vend des belles choses à des prix très bas. C’est réconfortant, c’est un geste digne, puis ça peut être souvent le point de départ pour dire « on continue à travailler fort pour survivre ». C’est un cadeau à voir et à ressentir, quand on apporte un peu de réconfort à l’âme de la personne.

Dans les rencontres du comité soutien, Lise en profite pour nous dire où on en est rendu, c’est important. Les gens le sentent, ils ne viennent pas juste faire du bénévolat, ils savent pourquoi ils font du bénévolat, quel est le but à atteindre. Il y a toujours des choses intéressantes, complétées par un message de Lise et on voit tout ce que le bénévolat peut apporter. L’objectif à atteindre c’est toujours de venir en aide aux personnes en situation de pauvreté, alors c’est là qu’on prend conscience que la vie nous a choyés. On se rappelle comme on est chanceux.

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  1. Francia Gagné

    Bravo Alfred pour ce texte qui décrit bien la friperie. Je me souviens également du début de la friperie et de tout le travail qu’on a fait. Une équipe formidable merveilleusement guidée par Lise. Que de bons souvenirs! Bonne chance pour les années à venir!

    Réponse

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