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J’ai l’impression d’aller à l’école de la vie et je ne suis pas pressée d’arrêter.

Ça fait tout près de 20 ans que je fais du bénévolat auprès de la Fondation rêves d’enfants. Mon travail me permet d’être auprès de personnes qui sont atteintes du cancer, des adultes, et ça faisait longtemps que je voulais travailler avec des enfants. J’ai fait mon approche moi-même auprès de la directrice de l’époque pour pouvoir aider les enfants aussi.
En août dernier, j’avais rencontré en tout 110 enfants. Ça a pas de bon sens, ça nous apporte beaucoup !

Quand on rentre dans une famille de rêve, tu vois tout le temps la douleur de la famille : il n’y a pas d’âge pour qu’un enfant soit malade. Nous, on commence à les rencontrer à 3 ans jusqu’à 18 ans. Ce qui m’impressionne le plus, qu’ils soient riches ou pauvres, c’est que la douleur est la même pour les enfants malades. Les yeux des personnes malades quand on les rencontre, ça n’a pas de bon sens ce que ça t’apporte à l’intérieur. Quand tu sors de cette maison là, tu n’as plus la même valeur.

Tu es comme le père noël quand tu arrives, tu vas réaliser un rêve, et peu importe le rêve de l’enfant — un enfant veut un petit chien, aller à Walt Disney, avoir une télévision, rencontrer une vedette — peu importe, c’est son rêve à lui.

Tu ne rentres pas dans une maison pis tu lui donnes le cadeau, et bonjour-merci tu repars. Tu crées des liens, on parle de beaucoup d’autres choses. On ne parle pas de la maladie, on essaie de sortir de ce côté-là. Quand on va les rencontrer, c’est une bonne journée et ils sont capables de nous recevoir. Tu ne vois pas le côté malade, parce que des enfants malades grandissent plus vite que des adultes, ils deviennent forts. Les petits bouts de 5 ans, c’est eux qui me font tripper le plus. Ils grandissent, c’est comme s’ils avaient 15 ans quand ils parlent avec toi.

On y va toujours à 2 personnes. Parce qu’il faut vraiment s’assurer que ce soit le rêve de l’enfant, mais j’ai pas de misère avec ça, c’est tellement spontané. Quand il y a des petits frères et petites sœurs, généralement je ne suis pas capable d’arriver les mains vides, j’ai toujours un petit cadeau pour la petite sœur.

Pour 68% des enfants, c’est Walt Disney. Ils viennent les yeux grands, puis on va voir ça sur internet. C’est 7 jours, les voyages à Walt Disney. C’est 7 dodos, ils ont la possibilité d’avoir des passeports pour le site et là-bas on les envoie dans un endroit magique : Give Kids the World. C’est un village à 10 km de Walt Disney, axé pour les enfants malades à travers le monde. Ce sont toutes des maisons en forme de champignon. À la cafétéria, les comptoirs sont à la portée des enfants en fauteuils roulants. Les personnages de Walt Disney vont les coucher le soir. Chaque famille a sa maison individuelle. Quand tu montres ça aux enfants : une fête à tous les jours, des cadeaux tous les jours..! C’est encore mieux que ce dont ils rêvaient, c’est deux rêves.
C’est aussi sécuritaire pour les parents, et même pour les frères et les sœurs — qui sont pénalisés un peu parce qu’ils ont une petite sœur malade — c’est leur récompense aussi d’aller là. Les parents pareil, des fois ils viennent les larmes aux yeux, mais on leur dit qu’ils le méritent. Vous avez le droit d’avoir une pause pendant la maladie de cet enfant-là.
Moi je n’y ai jamais été, j’espère un jour pouvoir y aller, parce qu’il y a des bénévoles qui peuvent aller là aussi. Ce sont tous des bénévoles qui s’occupent de ce village là.

On les voit 3 fois. Je vais les rencontrer pour savoir leur rêve, et je m’assure que c’est bien le rêve de l’enfant et non du parent, c’est très important de le voir, mais c’est même pas dur. Il n’y a pas d’enfant qui hésite, c’est spontané. On parle de leur rêve, à quoi ça va servir son rêve. Si c’est un voyage, il m’explique c’est quoi le voyage ; si c’est une piscine ou un achat, on s’organise.

La deuxième fois on réalise le rêve. Pour le voyage, on va apporter les billets d’avion ; après un magasinage, on fait une fête : mettons que c’est une piscine, on fait une fête autour de la piscine.

La troisième fois que je les vois, on a fait faire un laminé et je vais livrer le laminé du rêve. Ma mission s’arrête là. C’est un peu le principe de la fondation.

Mais ce n’est pas le seul bénévolat que j’ai fait. J’en fais depuis que mes enfants sont tout petits. Ça fait 40 ans : auprès de la Fondation canadienne du cancer, présidente d’un organisme et guide pendant plusieurs années sur la rive-sud, …

J’ai aussi été entraîneure-chef au baseball pendant 8 ans de temps. Ça fait 20 ans et c’était très dur en tant que femme de faire sa place. J’étais la seule femme, et je ne jouais pas pour gagner mais pour jouer. Et c’était rendu que les enfants m’appelaient pour être dans mon équipe quand le baseball commençait au printemps.

Quand j’ai été bénévole pour la Fondation québécoise du cancer, en 2004, on a fait un calendrier pour les femmes de 50 ans et +, dont les profits allaiemt à la fondation. Le calendrier était sensuel. Moi, j’étais vêtue de ma guitare ! On a été chercher 30 000$, cette année là. On était 12 femmes dans la cinquantaine. Il y avait un petit côté cute, j’ai aimé faire ça, c’était vraiment le fun.

Le bénévolat dans le fond, moi, c’est ma vie. Il y a des gens qui disent « souvent on fait ça auprès des enfants, malades, des adultes, des personnes âgés. » Ce n’est pas que ça, tu peux t’impliquer dans n’importe quoi et peu importe le temps que tu donnes, l’heure que tu donnes. Moi j’ai incité beaucoup de gens à faire du bénévolat. Mes sœurs en Gaspésie, je les ai fait s’impliquer dans la Fondation et elles sont devenues coordonnatrices en Région pour Rêves d’enfants.

Je n’ai pas eu de déceptions non plus parce que, dans mes 115 enfants pour qui j’ai réalisé un rêve, j’en ai perdu juste 3. Mais il ne faut pas voir ce côté, il faut voir ce que toi tu es capable de leur apporter. On est capable de leur apporter beaucoup, juste notre sourire, juste notre façon d’être là. Les gens ont un petit peu peur de s’embarquer là dedans, mais tu donnes, tu consacres le temps que tu peux consacrer. Tu n’es pas obligé de donner un temps plein, tu peux y consacrer 1 heure par semaine.
Il y a beaucoup de personnes qui arrivent à la retraite et qui ne savent pas quoi faire de leur temps. Bon sang, s’ils savaient ce que ça leur apporte ! Des fois, tu es chez vous, tu t’apitoies sur ton sort, mon dieu que le temps est long. Et les valeurs ne sont plus les mêmes. Des fois, j’ai dû sortir d’une famille de Rêve un petit peu ébranlée et, quand tu sors de là et que le prix de l’essence augmente d’1$ et demi, ce n’est plus tout à fait pareil.

Mon plus beau moment, c’était avec un jeune de 16 ans, mais cet enfant-là ne pouvait pas grandir. Son rêve c’était de rencontrer — c’est ben niaiseux — Richard Abel, c’est un pianiste Québécois très peu connu. Il aurait pu tripper sur Céline Dion, mais il trippait sur Richard Abel qui jouait du piano. Il a voulu le rencontrer. L’enfant ne s’exprime pas, il est muet et il parle avec des sons. Il m’a amené dans le salon, pour son rêve, il m’a montré la cassette de Richard Abel, il voulait le rencontrer. Des cassettes il en avait ! Elles étaient toutes usées. La fondation a réservé la suite Roosevelt au Château Frontenac. Richard Abel décide de venir et il lui a consacré toute sa fin de semaine. Les yeux de cet enfant-là… C’est le rêve que je n’oublierai jamais. Le jeune ne pouvait pas manger ni dormir sans que Richard Abel aille le coucher, lui faire manger son repas. Quand il le voyait, il entrait en transe. Ce jeune-là connaissait toutes ses chansons : quand Richard Abel a fait un spectacle privé pour une trentaine de personnes, il lui a donné la baguette et il était capable de tout guider, pendant le spectacle qui a duré 2 heures. Son père avait peur parce que son cœur battait très très vite, c’était l’excitation et c’était très dangereux. Mais c’est le rêve qui m’a apporté le plus. J’ai participé au spectacle et de voir cet enfant là quand il regardait Richard Abel, c’était hallucinant. C’est le rêve qui m’a marqué le plus. C’était magique pour lui.

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  1. vanessa michaud

    À la lecture de votre témoignage, on comprends à quel point vous êtes une bonne personne et que le don de soi peut changer des vies et peut aussi changer la nôtre. De plus, cela fait du bien de lire une histoire où l’on parle de bonnes actions humaines. Sachez que votre témoignage a renforcé mon désir de m’impliquer dans ma communauté. Merci et bonne continuité.

    Réponse

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