jean-philippe-benevole-comite-popualire-saint-jean-baptiste
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On peut y mettre l’énergie, le temps qu’on veut et avoir du plaisir. On perçoit mieux la société autour de nous.

Je m’implique dans le Comité populaire St-jean-Baptiste. Parfois les gens ont une certaine pudeur d’avouer comment ils en sont arrivés à être bénévole : par l’égoïsme. Partir de soi pour l’engagement bénévole. Moi, c’est comme ça que j’y suis arrivé.

Il y a plusieurs années, j’ai traversé une époque de ma vie où le besoin d’être utile est devenu une nécessité. Un moment où mes certitudes se sont effondrées, après une rupture. Je me sentais utile, valable, avec cette personne-là, dans cette relation-là. Avec le temps, en reprenant du recul, je me suis lancé dans le ré-apprentissage de l’amour de la vie, apprécier la vie pour ce qu’elle est.
Alors je me suis mis à faire le party, à recommencer à sociabiliser, mais sans penser au lendemain.
Je me suis rendu compte que mon nouveau mode de vie était en contradiction avec mes valeurs profondes. Un mode de vie sans lendemain, par tout le monde, amène de graves défauts à la société. Je me suis donc intéressé aux relations humaines, aux choix de société, à la géopolitique, à la prédominance de la langue économique dans notre vie de groupe.

J’avais déjà une formation qui m’avait amené à m’intéresser à l’écologie, à l’environnement au sens large : sur notre milieu, sur la nature, les animaux, les plantes et leur organisation. Et donc, je me suis intéressé à la géopolitique.
Après m’être intéressé aux relations entre les pays de la planète, je me suis intéressé à notre politique. J’ai été choqué de voir que le point le plus important d’une campagne électorale n’était pas faite autour de projets de société, mais d’un portefeuille.
J’ai donc cherché à l’extérieur de moi des guides pour comprendre ce qu’il y avait à faire pour redonner du sens à la vie en général.

Après ces réflexions-là, j’ai croisé Attac-Québec, un groupe qui critique le mode de gouvernance économique mondial et propose des solutions globales. J’ai assisté à des conférences et je me voyais participer aux ateliers, conférences et Attac me donnait l’impression qu’on pouvait décoder ce qu’on nous dit et ce qu’on ne nous dit pas. J’avais une vision altermondialiste ; changer la mentalité ici, pour changer ailleurs.
J’ai prêté main forte au niveau du soutien à l’organisation d’événements : soirée, discussion, conférence, formation. Je ne m’y suis jamais placé à l’avant-scène parce que je suis fonctionnaire, je ne peux pas trop m’exposer. Je suis toujours impliqué avec ce groupe, mais maintenant d’une manière plus administrative.

Dans un volet de la critique altermondialiste, il y a le développement d’une pensée globale pour agir localement.
Et en 2004, je reviens dans le quartier St-Jean-Baptiste, que j’aime beaucoup parce qu’il bouge au rythme des saisons et que les gens se reconnaissent, se saluent, échangent. Ce que j’avais pas compris, c’est venu par la suite, c’est que les gens du quartier avaient déjà l’habitude de se lier, contre des causes communes, pour préserver leur milieu de vie.
Avec un ami, Benoît, on réfléchissait sur les aspects rattachés au territoire et il y a deux événements qu’on a vécu ensemble et qui ont été des points tournants dans mon engagement.

Premièrement, la création du Comité EAU de Saint-Jean-Baptiste dont le mandat était d’informer les gens du quartier des «dangers» de la dérive de la privatisation des services d’eau potable.
Nous étions 4 bénévoles, Benoît et deux autres amis, et j’étais le seul à avoir un peu de connaissances sur le sujet. Nous avons réussi un premier événement public multidisciplinaire avec un panel de divers experts au Musée de la civilisation. Nous avons aussi fait du porte-à-porte pour soutenir une campagne de carte-postale adressée à Stephen Harper. À travers nos vies mouvementées, nous avons essayé de former des groupes de citoyens du quartier, mais finalement, nous avons mis fin au comité.

L’autre événement est lié à l’invitation à l’assemblée générale du Comité populaire du quartier Saint-Jean-Baptiste pour discuter d’une idée qui germait dans notre tête sur la possibilité d’un marché public de proximité. J’y suis allé avec Benoît et nous avons pris connaissance de l’ampleur de la mission et de l’expérience du COMPOP, nous avons été charmés.

Une fois la période d’élections au CA arrivée, la candidature de Benoît a été proposée par l’organisatrice communautaire qui nous avait invités. Et Benoît, m’a proposé… Je lui ai dit que je n’embarquais que s’il y allait aussi. Un tour des candidatures a été fait pour valider les candidats intéressés. Benoit s’est désisté ! Et une fois mon tour arrivé, le compte était bon pour le nombre de membres aux CA si j’y allais… J’ai donc accepté d’être membre du CA du Comité Saint-Jean-Baptiste, piégé, mais consentant !

C’était en 2004 ou 2005. J’y ai trouvé mon compte à cause de la mission large et concrète. J’ai surtout aidé à la réflexion sur le plan d’action au cours de l’année au CA. J’ai aidé à organiser des activités sociales, aussi participé à des formations, des manifestations avec les organisateurs et les membres de la base. Le COMPOP fait la promotion de l’aménagement et d’un développement respectant la trame spécifique du quartier. Il pose des actions reliées à l’amélioration des conditions socio-économiques de la population, fait aussi la promotion de la conservation du caractère résidentiel et de l’accès à des logements décents et abordables. Il éduque et informe la population afin de contribuer à susciter des réflexions et des débats sur des sujets d’intérêts publics à travers des activités publiques et son journal de quartier, l’Infobourg. Aussi, en plus de tout ça, il contribue à sortir les ménages à faibles revenus de leur isolement et faire valoir leurs droits.
Le COMPOP est arrivé en 1976 par nécessité, parce qu’il y avait des tracés d’autoroute qui allaient charcuter le quartier. Donc plusieurs locataires ont décidé de s’impliquer ensemble.

Maintenant, je suis encore sur le CA du COMPOP. Je me suis déjà impliqué plus sur l’organisation d’activités, j’aurais voulu faire plus sur l’aménagement urbain et verdissement.
Comme engagement, je me vois plus comme un participant de la base que comme un leader au-dessus des autres. Quelqu’un qui est au même niveau, qui va essayer de solliciter la discussion, la participation des autres. C’est ça l’éducation populaire…

Je pense c’est plus facile de prolonger une action dans le temps et d’amener des initiatives dans un groupe qui existe déjà, qui a déjà une équipe de permanence : voir plus large ça aide. Depuis que je m’implique dans ce comité-là, je sens que j’appartiens plus au quartier.

À moins que cela ne nous soit demandé, il n’y a pas de seuil minimal d’implication dans un organisme. On peut y mettre l’énergie, le temps qu’on veut. Souvent une action au bon moment, une prise de parole au milieu d’une réflexion, une idée peut fournir un soutien appréciable.
Je me dis que je ne peux pas, toute ma vie, participer de la même manière. Il y a des moments de ma vie où je ne pourrai plus le faire, et d’autres moins. Il faut un équilibre, mais je compte bien m’engager tout au long de ma vie.

Il y a Robert Jasmin, un ancien président d’Attac-Québec, qui disait qu’on doit s’engager près de soi, dans son milieu de vie, avec ses affinités, ses valeurs, au travers de ses loisirs pour qu’on puisse y trouver notre compte, avoir du plaisir et pouvoir mesurer quelquefois son propre impact.

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  1. Raynald Blais

    Vraiment captivant et rassurant ce vol d’oiseau sur ton engagement. D’autant plus que selon ton propre souhait, tu continueras ta quête tout au long de ta vie…ça promet. Bravo!

    Réponse

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