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Je n’y pensais pas et, depuis que j’ai commencé, je trouve que ce sont des heures de vie bien investies.

J’ai 18 ans, je suis en éducation spécialisée au Cégep de Sainte-Foy et je devais faire un premier stage. J’ai commencé au début de la session d’école donc début janvier.

Je vais au Pivot le mardi : le matin et l’après-midi, c’est un cours de peinture pour personnes avec des déficiences physiques. Je suis avec les 7 à 10 participants, on parle, ils font leur peinture, j’en fais une aussi, je leur donne des petits coups de main : aller chercher un pot de peinture, … Et le soir, ils sont 20-25, c’est en déficience intellectuelle. De 6h à 8h, on joue aux quilles : le but, c’est vraiment qu’ils aient du plaisir, alors on est deux — avec une employée du Pivot — et on anime, on fait tout ce qu’il faut.
Ce que j’aime le plus, c’est le contact avec les personnes avec une déficience intellectuelle. Ils ont un côté tellement attachant, c’est assez spécial et j’aime ça. C’est surtout dans les petits moments : quand on fait des blagues, c’est facile avec eux. Je dirais même qu’ils font plus de blagues que les personnes sans déficience.

Avant, je n’avais jamais fait concrètement du bénévolat. Ça fait découvrir d’autres choses et il y a de la reconnaissance. Quand je m’en vais le soir chez nous et qu’ils me saluent puis, quand on se revoit, ils sont simplement contents : ils savent que je suis là pour eux. Quand tu t’en vas et ils ont hâte de te revoir et c’est pareil pour moi : j’ai hâte au mardi prochain.
Ils viennent tous par choix, pour certains, ça fait dix ans qu’ils jouent à la même salle de quilles tous les mardis et tous les jeudis. Et ils sont bons, ils sont meilleurs que nous autres, vraiment ! Ils sont même en ligue de quilles professionnelle.

Je ne m’attendais pas du tout à ça. Je m’attendais à ce que les journées soient plus longues, mais au final pas du tout ! Entre mes deux activités du matin, je pourrais aller chez nous, mais je reste là et j’attends le transport adapté avec les personnes en déficience physique.

Je n’avais jamais pensé au bénévolat avant, je ne connaissais personne qui en faisait, mais depuis que j’ai commencé mes stages, je vois que ça en vaut la peine. Même si c’est trois heures par semaine ou une heure par semaine, mais c’est une heure pour eux. Moi je trouve que ce sont des heures dans une vie bien investies, parce que ce n’est pas tout le monde qui a la chance de ne pas avoir de déficience.

Au départ, je pensais que ça serait un congé d’école. Plus tu y vas, plus tu as du plaisir et il me semble que je déplacerais 2 autres journées d’école pour en faire encore plus. Ce n’est pas comme une tâche d’y aller, j’y vais parce que ça me tente.

À la fin de mon stage fin avril, probablement que je ne pourrai plus aller au cours de peinture. Mais j’irais sans doute aux quilles : soit le mardi soir, soit le jeudi soir. Je continuerai d’aller les voir, d’aller dire bonjour. De savoir que, quand ça va être fini je ne les reverrai pas, c’est difficile, on s’attache, on développe des liens.
J’ai aussi entendu parler du samedi après-midi : des journées de répit familial pour des enfants turbulents, probablement que j’irais faire quelques samedis.

Souvent quand on me demande ce que je fais à l’école je leur parle de mon stage, je leur dis que c’est cool. Ils ne pensaient que j’allais aimer cette branche. Et c’est certain qu’en sortant du Cégep je vais travailler là-dedans, je vais continuer mes études pour aller plus loin encore. C’est sûr aussi que je vais essayer d’inclure une journée pour faire du bénévolat. Je ne pensais pas aimer travailler en déficience intellectuelle, je pense que c’est vers ça que je vais m’en aller : je me sens plus à l’aise avec les personnes en déficience intellectuelle.

La semaine passée — je tombe en relâche la semaine prochaine — je suis allée comme d’habitude à mon stage, et je les ai avertis que l’autre semaine d’après, je serais en relâche et que peut-être je ne viendrai pas. Alors ils ont tous dit :
« Tu vas revenir après ? » « Tu t’en vas pas pour toujours ? » « Ce n’est pas ta dernière journée ? », …
Je disais « – Non, la semaine prochaine je vais vous le redire pour que tout le monde le sache : je vais revenir après
– Là va falloir que tu le dises devant tout le monde, pour que tout le monde l’entende, pis que tout le monde soit sûr que tu reviens. »
C’est là que tu vois qu’ils apprécient ce qu’on fait pour eux autres.

Mais pour n’importe qui, que ce soit en déficience physique en déficience intellectuelle, en exclusion sociale, n’importe quelle problématique, comme l’itinérance par exemple : il y a autant de besoins, mais de façons différentes. Il n’y a pas de place à prioriser pour s’impliquer, il faut juste trouver la place qui te fait le plus tripper.

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