Je suis actuellement libre de mon temps, mais rarement en temps libre.

J’ai 61 ans et je suis bénévole au Musée national des beaux-arts depuis 2009. J’aimais l’art, ça faisait quelques années que j’étais ami du musée et quand je suis devenu un retraité, j’ai cherché où je pourrais faire du bénévolat. Le Musée me satisfaisait : ce qu’il pouvait m’offrir correspondait au temps que je voulais consacrer au bénévolat. Je suis préposé à l’information, à raison d’une demi-journée aux deux semaines. Mais il y a une condition essentielle pour être bénévole, il faut être abonné-ami. On est à peu près 180 bénévoles au Musée.

Alors je me promène dans le Musée avec un point d’interrogation et je réponds aux questions : logistique, orientation dans le musée, donc c’est intéressant pour rencontrer les gens. Habituellement les gens qui vont au Musée le font par choix, ils sont contents d’être là, c’est un bénévolat qui est très agréable.
Au départ, je m’étais entendu avec le musée : je voulais offrir 5% de mon temps en bénévolat. Mais finalement, c’est plus que ça parce que, dans ma tâche de préposé à l’information, je veux être capable de répondre à tous les gens, même les Espagnols. Mais je ne parle pas espagnol. Donc je suis en train de construire un lexique multilingue, pour faire en sorte que le préposé à l’information soit au moins capable d’intervenir auprès des visiteurs, pour que la visite au musée soit agréable, mémorable et unique pour le visiteur. Ce lexique-là, je le faisais pour moi, mais je pense que le musée veut qu’il serve de manière plus formelle. En tout cas, ce que j’ai produit va répondre à mon besoin.

Il faut avoir de l’empathie, sentir le besoin des gens : habituellement, ce sont des gens qui sont contents d’être là, en vacances, heureux. Il faut les recevoir, avec un sourire, les aider avec un sourire. Et recevoir leurs insatisfactions aussi, de façon empathique pour leur rendre l’expérience plus agréable.
On voit souvent des grands-parents avec des petits enfants. C’est sûr que l’enfant et les grands-parents n’ont pas la même attente par rapport au musée. Alors, je fais attention d’informer le grand-parent des activités intéressantes pour les enfants : il y a une sculpture qui impressionne beaucoup les enfants. Quand je revois ces personnes circuler plus tard, le grand-parent a un grand sourire : l’enfant a aimé ça.

Un beau matin, j’étais dans le grand hall et je vois arriver un monsieur avec une grande chevelure blanche : j’ai reconnu Armand Vaillancourt, sculpteur québécois. Dans son œuvre, il y a beaucoup de contestation. Au Musée, on a un arbre qu’il avait sculpté dans les années 60, en contestation à la décision de la Ville de Montréal de couper des arbres. Il était appuyé sur la balustrade devant son œuvre et je lui ai demandé si je pouvais le photographier. Il se tourne vers moi et commence à prendre des poses. Mais je voulais une photo de dos, il a accepté. Ça fait une photo vraiment spéciale ! Avec l’œuvre installée au musée, l’artiste de son vivant, près de son œuvre, de dos, avec sa longue chevelure blanche.

Je suis aussi membre des activités culturelles du musée, bénévolement. Le musée offre à ses abonnées-amis, un certain nombre d’activités culturelles, chaque mois, soit un voyage en autobus à Montréal dans différents musées, ou des voyages un peu plus d’envergure : Boston, New York, Washington. On est en train d’en organiser un pour Prague au mois de mai.
Et j’ai développé avec une collègue bénévole, un circuit d’art public dans la ville de Québec. Avec l’assistance d’un historien d’art, on fait un circuit d’une trentaine d’œuvres qui dure environ 3 heures. Ce sera la troisième année à l’été 2013.
Ces activités-là sont parallèles à la mission du musée : elles permettent de le faire connaitre et c’est aussi un moyen de financer des acquisitions et des restaurations d’œuvres d’arts.
Le troisième rôle auprès du Musée des beaux-arts du Québec, c’est celui d’être porte-parole, ambassadeur à la fondation du musée auprès des bénévoles-amis. Comme dans le cadre de la campagne de financement qu’on a en ce moment pour la construction d’un nouveau pavillon.

J’aimerais ça que le musée soit le meilleur musée au monde, en terme d’expérience de visite. C’est dans ce sens-là que je travaille, que je suis bénévole, c’est vraiment pour aller au-delà ou au-devant des besoins des gens. Dans ma tâche de préposé à l’information, parfois je n’attends pas les questions, je vais les rencontrer, les accueillir. C’est le sentiment d’aider les gens qui est le plus grand retour du bénévolat. C’est sûr que ça finit par créer un cercle d’amis, de connaissances. C’est à l’intérieur du bénévolat qu’on les rencontre.

J’ai l’impression que j’ai toujours fait du bénévolat, autant impliqué dans la caisse scolaire à l’école, aux scouts, responsable des résidences étudiantes lors de mes études, le comité d’école quand mes enfants étaient à l’école, …
Je fais partie également d’une association qui s’appelle Toast Master. C’est de l’auto-formation en communication et en leadership. Les gens qui veulent s’améliorer dans ces domaines se réunissent et pratiquent. Il y a un conseil d’administration du club et j’en suis président cette année.

Je dis souvent que je suis actuellement libre de mon temps, mais rarement en temps libre !
Je ne fais pas du bénévolat pour être reconnu, mais il y a une pratique de reconnaissance annuelle au musée. On a un gala près de Noël et il y a un prix qui est décerné au bénévole de l’année. Moi j’ai été reconnu comme bénévole de l’année du musée. Je ne m’y attendais pas : je vois d’autres personnes aussi impliquées que moi, et je ne sais pas vraiment pourquoi ils m’ont choisi pour être le bénévole de l’année. Moi, tout ce que je fais, je le fais parce que ça m’amuse !

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  1. Nicole

    Bravo Léonce, tu es toujours présent pour aider dans les activités. Nous, autres bénévole du Musée, savons que ce choix pour Bénévole de l’année est bien mérité.

    Félicitations et merci d’être là.

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  2. Caroline

    Bien fière de toi papa! Tu nous as certainement inculqué à tes trois enfants, le goût de nous impliquer dans notre milieu, nous aussi!

    Réponse

  3. manaute

    bravo leonce pour cette belle presentation, moi aussi je fais du benevolat mais en France , si je vivais au quebec je ferais surement partie de vos amis, je suis votre parcour avec un grand interet

    Réponse

    1. leonceboudreau

      Merci beaucoup du commentaire. De la France au Quebec, voyez comme le bénévolat peut rapprocher les gens:)

      Réponse

  4. audreybe

    Félicitations Léonce pour ton implication ! Moi je sais pourquoi tu as été choisi le bénévole de l’année… sûrement à cause de ton attention envers tous ces visiteurs auxquels tu réponds et de prendre le temps de les regarder dans les yeux lorsque tu leur parles.. suis-je juste ? .. Enfin .. c’est mon idée cher ex-collègue ToastMaster.. Bonne continuation !

    Réponse

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