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J’avais besoin de sortir de la routine et de me confronter à des milieux auxquels je ne suis pas habitué.

Quand j’ai décidé cet été de faire du bénévolat, j’ai commencé à regarder des sites de plusieurs organismes et c’était celui qui correspondait le plus à ce que je voulais faire. Ça faisait plusieurs années que j’entendais parler du Pignon bleu : je voyais ça dans les journaux et je passais devant en voiture, ça m’intriguait. Je n’avais pas de connaissances fines, alors j’ai été voir sur le site, j’ai regardé les différents programmes et je leur ai envoyé un courriel, c’est aussi simple que ça.
Je voulais faire du bénévolat et j’étais prêt à faire ce dont ils avaient besoin. La seule chose que j’ai refusé de faire, c’est le conseil d’administration, parce que je voulais faire quelque chose de concret, avec des gens qui en ont besoin. Alors c’est eux qui m’ont offert de faire de l’aide aux devoirs avec leur programme de compagnons. Je me suis dit de toute façon, je vais voir et si j’aime pas ça… Ce n’est pas un gros enjeu, mais je suis bien tombé, aucun regret.

Je travaille avec des enfants de 8-9 ans. On est plusieurs, moi je m’occupe de trois petits garçons, de troisième-quatrième années. Je passe une heure et demie avec eux. Là-dessus, il y a la moitié du temps qui est consacrée à faire leurs devoirs avec eux, leurs leçons. Il y a une demi-heure d’activités : jeux, collation et discussion avec les jeunes. La moitié du temps, c’est vraiment de l’aide et le reste du temps c’est être avec eux, discuter et jouer… C’est parfait !

Au début on pourrait croire que ça fait un peu faire maîtresse d’école, mais finalement non : de la façon dont c’est organisé, de la manière dont c’est reçu par les enfants, je trouve ça sympathique.

Ce n’est pas de l’aide aux devoirs pour des enfants en difficulté d’apprentissage, pédagogique, c’est véritablement une activité globale de soutien pour des jeunes qui ont toutes sortes de problématiques, qui ne sont pas du tout au départ des problèmes d’apprentissage. Donc c’est de l’aide au devoir et à d’autres choses pour des enfants considérés comme étant en situation précaire, économique, etc., etc.

C’est un environnement favorable à leur apprentissage mais pas seulement : à leur développement social et personnel aussi. Il y une partie école, mais aussi toutes sortes d’activités de sensibilisation, d’apprentissage, d’éveil artistique, scientifique — c’est assez global comme approche.

En ce moment, je travaille avec 3 enfants, à peu près le maximum que je pourrais aider convenablement pendant une heure, car mon attention est toujours sollicitée. On penserait qu’ils seraient en mesure de faire leurs devoirs chacun de leur côté, mais non, ce sont des personnalités extrêmement différentes, ils ont des besoins complètement différents, donc je perds vraiment pas mon temps.

L’autre demi-heure, on se mélange parce que c’est un groupe, alors je vais jouer avec un, avec deux, avec trois ou avec 5-6 et on va faire un jeu de groupe. Ce que j’aime le plus, c’est l’heure que je passe avec les 3 petits garçons, parler d’eux, essayer de les aider dans leurs devoirs et leçons, et parler de toutes sortes de sujets. C’est des jeunes enfants qui sont confrontés à toutes sortes de chocs, à la fois culturel, économique etc. Je trouve que ça en fait des enfants extrêmement attachants et j’adore passer ces moments-là avec eux.

Et des beaux moments, il y en a tout le temps. Je pense que le plus beau moment c’était quand un petit garçon qui avait fini ses devoirs s’est mis à me parler de ses rêves. J’étais fasciné parce qu’il me racontait des histoires abracadabrantes, où dans ses rêves il détruisait la ville de Québec. J’ai commencé à lui poser des questions sur son personnage, ses pouvoirs : il a commencé à me raconter et j’ai découvert qu’en fait, c’est un personnage de fabulation, un personnage de manga — dessin japonais — un univers que je ne connaissais absolument pas. Alors on a parlé de ça. Et il m’en a apporté et les autres garçons se sont mis à me parler de tout un univers et j’ai beaucoup aimé ça. J’ai réalisé à quel point ils avaient un univers culturel extrêmement riche qui était vraiment très drôle et qui leur permettait de rêver, même si c’était de détruire la ville de Québec. J’en garde un très beau souvenir. C’est bizarre parce qu’au départ, ses rêves au petit gars me faisaient peur. Non seulement il disait qu’il détruisait sa maison, mais il y avait une espèce de violence énorme et au début j’ai vraiment réagi : « Quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette fabulation-là ? » et finalement ça m’a soulagé de comprendre que c’était plein de sens ; j’ai beaucoup aimé ça, ça m’a fait bien rire.

C’est la première fois que je fais du bénévolat : j’ai pris ma décision et ensuite j’ai trouvé le type de bénévolat qui me convenait le mieux et me satisferait le plus. Et je pense que je suis bien tombé. J’aime beaucoup ça. C’est pas grand-chose, c’est pas l’heure et demie comme telle qui prend du temps ; ce qui est plus compliqué, c’est de m’assurer de ne pas manquer. Une fois que c’est fait, ce n’est plus compliqué, car ce n’est pas un effort.

Il y a aussi un aspect important au Pignon bleu, auquel moi je ne participe pas, même si on commence à m’en parler et peut-être que je vais le faire, c’est l’aspect alimentation. Parmi la plupart des enfants qui sont au Pignon bleu le soir et l’après-midi quand j’y vais, plusieurs vont au Pignon bleu pour manger. Là, il y a tout un aspect sensibilisation à l’alimentation et à la cuisine. Avec les parents aussi. C’est un volet important.

La seule chose que j’ajouterais, si on me pose la question « Pourquoi je fais du bénévolat » : c’est extraordinairement égoïste. Les gens disent faire du bénévolat pour les autres, mais je pense aussi qu’on le fait pour soi. Parce que je réalise comment j’en suis venu à faire ça et quand j’ai décidé d’en faire, c’était simplement pour moi : j’avais vraiment besoin de sortir de la routine, d’être placé en situation d’inconfort et de me confronter à des milieux auxquels je ne suis pas habitué.

J’avoue que la première fois où je me suis retrouvé avec des jeunes enfants — tous immigrants ou de parents immigrants — et de milieux défavorisés, j’ai trouvé ce que je cherchais. Ce n’est pas mon milieu, pas les enfants de mon quartier, pas les enfants que j’ai fréquenté avec mes propres enfants… C’est sûr que ça n’a pas été long, j’ai été conquis. En tout cas, je suis beaucoup plus attaché à eux, que eux à moi ! Ils ne savent pas à quel point j’ai hâte à chaque semaine de les voir : eux ils voient plein de bénévoles, mais dans mon petit coin à moi, j’ai plaisir à passer une heure et demie avec eux-autres.

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