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J’avais besoin de m’occuper, d’apporter mon savoir-faire aussi, et mon aide.

Je suis bénévole au service d’orientation du Centre d’action bénévole de Québec. Je suis une nouvelle immigrante, ça fait 10 mois que je suis au Québec. Je suis venue avec ma fille de 19 ans, j’en ai 42. Je viens du sud de la France, un petit coin où les gens parlent avec le cœur et le sourire tout le temps, Marseille.

J’y faisais déjà du bénévolat, aux Restos du cœur. C’est des relais dans les quartiers : il y en a des centaines de relais pour la distribution de denrées alimentaires, rien de chaud. C’était juste des boites de conserve, des biscuits, le lait, les œufs… Il y avait aussi la partie pour les bébés : les petits pots, les couches.
J’y suis allée quand ma mère s’est retrouvée retraitée avec un petit revenu. Son assistante sociale lui disait qu’elle pouvait bénéficier des relais des Restos du cœur donc je me suis déplacée avec elle pour l’inscription. Là, je leur ai demandé de vive voix s’il avait besoin de quelqu’un et on m’a dit que oui, et plus tard, ils m’ont appelée. J’ai fait ça sur une période de six mois, tous les jeudis matin. C’était dans mon secteur. Et j’aidais ma maman. Il y a beaucoup de retraités, de familles avec enfants et des étudiants aussi.

Arrivée ici, j’ai cherché du bénévolat au bout de 4 ou 5 mois — là j’attends toujours mes papiers de résidence alors je ne peux pas travailler. J’ai mis 5 mois à venir au CABQ parce qu’au début, je me suis occupée de démarches administratives, de l’inscription à l’école de ma fille, de mon dossier de parrainage, … Ça m’a pris beaucoup de temps, d’organisation, et une fois que t’as fait le tour de tout ça, tu te retrouves sans activité. J’allais souvent sur Internet, j’ai refait mon CV, j’ai commencé à regarder les offres d’emploi, … Mais une fois que tu en as fait le tour, tu te dis que ce serait bien de faire autre chose en attendant.

Et ici, j’aime beaucoup l’ambiance, l’équipe sympathique, une équipe qui se dévoue ça se sent. C’est vraiment l’entraide et la volonté de toujours avancer, de faire beaucoup de choses pour les autres, chacun dans son petit coin, mais chacun fait beaucoup.

Après il y a les gens que je rencontre au service d’orientation. C’est quand même varié parce qu’il y a ceux qui savent vraiment ce qu’ils veulent faire : c’est clair, c’est même précis dans leur recherche. Ils ont déjà un savoir-faire parce qu’ils sont déjà dans le métier. C’est pour compléter leurs études ou vraiment apporter leur savoir-faire dans le métier.
Et puis , il y a ceux qui ne savent pas du tout, qui sont un peu perdus. Qui veulent donner de leur temps, mais ça dépend bien sûr parce que certains sont véhiculés, d’autres en transport en commun, … Et ils ont justement besoin qu’on les oriente. Donc je prends un brouillon, j’essaie de cibler leurs qualités, leurs disponibilités, de quel secteur ils viennent et de noter aussi les domaines où ils ne sont pas du tout à l’aise. À partir de là, je fais ma recherche.

Les deux sont intéressants parce que, ceux qui savent, c’est bien pour eux : c’est ciblé. La plupart ont déjà fait du bénévolat donc ils savent vraiment ce qu’ils veulent et c’est un plus.
Mais je préfère ceux qui ne savent pas parce qu’en parlant avec eux, eux-mêmes se découvrent des qualités. Et ils sont timides, ils n’osent pas.. puis on discute et ils se lancent ! C’est plus intéressant parce que tu les amènes à aller de l’avant.
Des fois, il faut creuser. On me dit  ʺje suis dans le socialʺ. Pour moi, le social, c’est vague. Alors je leur demande de préciser. Ils peuvent dire « moi j’ai l’habitude avec les personnes âgées, dans les hôpitaux, les cliniques ». Je leur propose aussi d’autres secteur : les ados, les jeunes filles seules, les familles mono-parentales. Tout le monde n’est pas à l’aise avec les enfants, les ados ils hésitent, ça dépend combien d’heures et quand… C’est particulier.

Il y a une personne qui était à l’aide sociale et qui voulait faire du bénévolat, mais à proximité de son domicile. Comme je n’ai pas trouvé de bénévolat dans son secteur, je lui ai spontanément conseillé d’aller faire du bénévolat chez sa voisine. Elle a trouvé ça marrant « oui pourquoi pas, c’est une idée ». Elle ne pouvait pas se déplacer, mais elle voulait donner un peu de son temps, alors elle peut faire de l’entraide dans le quartier.
Il faut être ouvert, disponible, sociable ; avoir beaucoup d’empathie parce qu’on n’est pas là pour juger les gens, on est là pour les orienter. C’est un échange qui peut apporter beaucoup et c’est un service social où on rencontre différentes personnes de toutes catégories.
Après, c’est bien organisé dans la mesure où tu gères ton temps. Et on peut répondre au téléphone ou faire les entrevues de visu. Les entrevues ne personne on n’en prend pas plus de 2 par demies-journées parce que ça peut prendre une heure chacun et il y a les suivis à faire et les gens au téléphone.
Les suivis, c’est des appels qu’on passe quelques semaines plus tard pour voir si les gens ont trouvé finalement, s’ils sont bénévoles et comment ça va. Quand les gens ont trouvé une activité, ils sont super-contents. Je n’ai pas encore eu quelqu’un qui m’a dit vouloir changer parce que ça ne lui plaisait pas. Ça ne s’est jamais fait encore.

Mais les suivis sont très utiles. Une fois, on a reçu une jeune fille, une Iranienne qui apprenait la langue française. Elle faisait des progrès et quand tu prends le temps de l’écouter, tu comprends ce qu’elle dit. C’est sûr que si tu la prends entre deux trucs à faire ça marchera pas, elle va le sentir elle-même. L’écoute, c’est important.
Quand elle est venue la première fois, on lui avait référé trois organismes, pour lesquels deux ne l’avaient pas rappelée et un lui avait dit que c’était comblé.
Donc elle est revenue ici et c’est que moi qui ai appelé un organisme. J’ai demandé à parler à la personne concernée, je leur ai demandé s’ils avaient toujours besoin de bénévoles — c’était oui — alors j’ai dit « je veux prendre rendez-vous pour une personne qui est en face de moi. Elle est disposée à faire du bénévolat chez vous ». Elle est allée à son rendez-vous le lendemain dans l’après-midi et ça a marché. Plus tard, elle m’a dit que ça se passait très bien. Le problème, c’était le barrage de la langue, la patience d’écouter son message et de la rappeler.
C’est dommage parce que ce sont quand même les organismes qui font appel à nous, ce sont eux qui ont besoin de bénévoles. Normalement le langage ne devrait pas être un barrage : tant que la personne est capable et qu’elle est disponible, sociable et qu’elle veut donner de son temps. C’est quand même un don de son temps, ce n’est pas rien.

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