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On a créé quelque chose qui est « nous » : un show, ludique à préparer et à proposer.

La LiQIBD, la ligue elle-même, on l’a fondée en septembre 2012, c’est tout récent. C’étaient en lien avec une activité qu’on a organisée au 25ème Festival de BD Francophone de Québec. On avait testé la formule en mini-tournoi et finalement ça a bien marché du côté des joueurs, des dessinateurs, de l’équipe qui était présente. On a travaillé au fil de l’été pour aller chercher des collaborations et on a lancé notre premier match à l’automne 2012.

Je suis animateur abrite, co-responsable logistique dans la préparation des matchs. Avec Thomas-Louis, on se partage un peu les responsabilités au niveau de l’organisation de la scène ; après, je m’occupe de préparer les matchs, inventer les catégories, inventer les thématiques et, finalement, animer le match.
On fait ça pour découvrir un peu ce que les joueurs vont faire dans le contexte qu’on leur a donné avec nos contraintes, c’est plaisant. Donc c’est ce moment-là qui vient justifier la somme de travail, et qui sert de paye. C’est certain que le moment qu’on préfère, c’est la soirée elle-même.

Dans le fond, c’est un peu un métissage entre l’improvisation théâtrale et la musique : nous on a rajouté le dessin. Donc l’idée est de mettre l’un avec l’autre, de trouver des manières de proposer, de favoriser des intégrations de l’un avec l’autre. Et donc d’essayer d’amener un allié ou un défi additionnel à l’improvisation théâtrale, pour aussi renouveler le genre. Il y a beaucoup d’impro à Québec, alors ça donne une valeur ajoutée à nos matchs. On a monté des équipes de 6 : 4 comédiens et 2 dessinateurs. Les 6 collaborent ensemble, à établir les improvisations, à réfléchir et à les interpréter sur scène. Selon les catégories, le dessin va être intégré avant, pendant ou après l’improvisation. Parfois on leur donne un cadre très strict, parfois on leur dit essentiellement « faites ce que vous voulez, surprenez nous ! »

J’étais intéressé par la BD, j’étais intéressé par l’improvisation. Je participais à une ligue d’improvisation. Depuis 2011, j’anime une émission sur la BD sur CKRL. Cette émission qui me venait un peu des collaborations que j’avais eu avec le festival dans les années précédentes : animer des tables rondes. Je m’étais beaucoup intéressé à ce média-là, à un moment donné, la vie m’a amené à professionnellement moins faire de la radio, donc j’ai décidé de faire le saut. Je me disais que j’allais me payer un plaisir bénévole, d’animer une émission dans un domaine qui me passionne et je me dis que souvent, la radio c’est une belle excuse pour aller rencontrer des gens qui travaillent dans un média qu’on veut découvrir et explorer.
On sent qu’il y a un intérêt plus en plus grandissant pour la BD, qu’elle est moins perçue comme une sous-littérature, mais comme un genre à part entière. Donc, si on peut profiter de ce renouveau d’intérêt que le Québec ressent pour la BD, si ça peut donner un coup de pouce additionnel aux auteurs et que la LiQIBD ajoute du festif, c’est idéal.

Je n’étais pas et je ne suis pas encore non plus, un historien de la BD. Je ne connais pas les mécanismes, je ne pourrais pas expliquer, tangiblement, la mise en scène en BD. Il y a des gens qui le font beaucoup mieux que moi. Par contre j’aime en lire, j’aime en parler puis je me dis qu’on découvre ensemble. Après, avec des activités comme l’impro-BD, on peut sortir du carcan habituel, sortir de la zone de confort d’un peu tout le monde, autant au niveau du jeu, des spectateurs, des dessinateurs. Donc pour les premiers match, c’était de la recherche autant pour moi — avec l’animation et les catégories qu’on proposait — que pour les joueurs dans la manière dont ils interprétaient. On s’est inspiré du concept de Lyon, mais je n’ai pas visionné les matchs, je n’ai pas regardé ce que eux faisaient. J’ai interprété ce concept-là, avec les joueurs et les dessinateurs, avec Thomas-Louis Côté puis on s’est lancés, et on a créé quelque chose qui est nous.

Chaque match me force pour qu’il y ait au moins une nouvelle catégorie, et des fois c’est un échec complet au niveau conceptuel. Il faut constamment essayer de mettre les joueurs en danger puis voir ce qu’on peut faire avec ça. La nouvelle idée étant de proposer un match où on a 6 comédiens, 4 dessinateurs, et dans le fond on crée une BD de A à Z. Donc une improvisation d’une heure qui est précédée d’un séquence d’une demi-heure où les gens vont sélectionner les joueurs, les personnages, … On va proposer le héros de la BD, avec 6 interprétations, et le public vote pour celui qui l’intéresse le plus. Ensuite, on a 5 interprétations du méchant, 4 du faire-valoir, puis le thème et on établit un peu le décor. Après, on se lance dans une heure d’improvisation où on crée une BD vivante avec des séquences dessinées, presque comme un conte. C’est le même concept, mais subitement, on fait autre chose de plus collaboratif.

Mensuellement, ça se porte bien, mais aux deux semaines ou chaque semaine, ça deviendrait plus lourd comme investissement. En temps, il y a le match lui-même, c’est 5-6 heures pour la journée du match. Rassembler le matériel, monter la salle, superviser le montage de salle, etc. Après ça c’est le temps en amont, pour préparer le match. Entre 10 et 15 heures d’investissement mensuel, car après, il faut animer les médias, promouvoir.
Pour l’instant, ça reste un investissement qui est confortable. Si on rajoute l’émission de BD et le blog et le reste, mon implication dans le milieu de la BD finit par augmenter. J’ose pas le calculer. J’imagine … un gros 40 heures par mois, c’est pas énorme, mais c’est en plus de mes semaines de travail régulier et autres implications. Je travaille un peu en théâtre, je suis membre d’un conseil d’administration en arts visuels, je collabore à des émissions.

En même temps ça devient un plaisir aussi, j’ai toujours eu une considération : oui, il y a le travail et les hobbies peuvent s’apparenter à une forme de travail, mais la dynamique est différente. Ça devient moins palpable, si le travail est agréable, dans le fond, c’est des hobbies-travail.
C’est le plaisir aussi de le faire à nos conditions. Ce n’est pas la même dynamique quand on décide de proposer quelque chose au travail. Là, on propose un show aussi, quelque chose de très ludique. Au bout du compte je sais que je m’amuse en me préparant, en m’imaginant ce qu’ils vont me proposer. Et je m’amuse en voyant ce qu’ils font ! On se fait surprendre par les joueurs. Je pense a Francis Desharnais : dans les premiers matchs, il s’amusait à découper les dessins des autres et à faire du copié-collé sur un de ces dessins. À un moment donné, il s’est mis à faire des effets, presque cinématographiques d’animation sur papier, donc en jouant avec des images, avec la caméra. Le dernier match, il a décidé d’amener des t-shirt blanc pour son équipe et ils se sont dessinés des cases de BD sur leurs chandails. C’est vraiment dans des moments comme ça, où je m’attend à être surpris, que je le suis doublement. Ça devient une belle dynamique où tout le monde a cet esprit créatif qui culmine dans une soirée.

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